Enquête 

Zoropse à pattes épineuses

La Zoropse à pattes épineuses est une araignée de grande taille qui a tendance à effrayer les âmes sensibles. Et pourtant, tout comme pour les autres araignées, cette peur peut être domptée... Apprenez à la connaître grâce à cette enquête ! Elle vit principalement dans les maisons et autres lieux abrités, rendant votre participation essentielle pour améliorer les connaissances de cette araignée sur le territoire. Cette nouvelle enquête participative s’inscrit dans le cadre du projet Interreg Cap Biodiversité, qui a pour objectif de mieux connaître, faire aimer et protéger la faune et la flore de notre territoire.

Zoropsis spinimana

10 à 13 mm pour le mâle, 10 à 19 mm pour la femelle

Période d’activité : toute l’année

la femelle peut vivre jusqu’à 1 an et demi, le mâle vit moins longtemps

principalement en Europe, en Afrique du Nord mais aussi aux Etats-Unis où elle a été introduite

On a besoin de vous !

Comme on vit principalement dans les lieux abrités : maisons, caves, garages, abris jardins, canalisations, égouts, etc., les sorties de terrain des naturalistes sont peu efficaces pour nous recenser. On a donc besoin que chacun vérifie chez lui s’il nous voit pour mieux savoir où nous sommes dans la région. Nous vous invitons donc à signaler notre présence en cliquant sur le bouton ci-dessous.

Y-a-t-il des Zoropses à pattes épineuses près de chez moi ?

Pour le savoir, explorez la carte ci-contre. Vous verrez où ma présence a été signalée sur le territoire du Parc naturel européen (Parc naturel régional Scarpe-Escaut et Parc naturel des Plaines de l’Escaut).

Faisons connaissance

Mon nom scientifique est « Zoropsis spinimana ». Zoropsis vient de « Zora », un genre d’araignées de la famille des Miturgidae et de « opsis » qui signifie « apparence extérieure, ressemblance ». S’il est vrai que je lui ressemble, j’appartiens en revanche à une autre famille d’araignée : les Zoropsidae. « spinimana » a pour origine latine « spina » qui veut dire « épine » et « manus » qui veut dire « main », en référence aux épines sous mes pattes avant (1ère et 2ème paire).

CC-BY-SA-3.0 Sanjay Acharya
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Comment me reconnaître ?

D’autres araignées me ressemblent mais je fais partie des plus grosses que vous pouvez croiser, ce qui est déjà un bon indice : je fais la même taille qu’une grosse tégénaire, mais plus trapue, avec des pattes un peu plus courtes.

Je suis beige à brune avec des motifs noirs. D’ailleurs, la tache claire entourée de bandes noires crénelées qui se trouve sur mon céphalothorax (la partie avant de mon corps qui réunit en un bloc ma tête et mon thorax) est caractéristique. Elle ressemble à la tête du vampire Nosferatu surmonté d’une collerette ! Les Allemands m’appellent « Araignée Nosferatu » pour cette raison.

Sur mon abdomen (c’est-à-dire la deuxième partie de mon corps), j’ai un motif foncé qui ressemble à 3 taches plus ou moins fusionnées.

Une araignée frileuse

Je suis originaire du bassin méditerranéen où je vis dans la nature, là où il fait sec et chaud : sous les écorces, sous les roches, dans la forêt et je me réfugie dans les maisons seulement l’hiver. Mais j’ai trouvé un moyen de survivre dans des zones plus septentrionales en me réfugiant dans les maisons, les abris jardins, les garages, les caves, les canalisations, les égouts toute l’année… bref, dans des endroits un peu plus chauds qu’en plein air car dans votre région il fait froid ! J’aime donc particulièrement les villes et villages où on trouve tous ces abris. Certaines d’entre-nous sont arrivés jusqu’ici grâce à vous, en les transportant involontairement avec vos marchandises ou en revenant de vacances. Le réchauffement climatique joue aussi en notre faveur.

© Gllawm
© Julie Naessens

Une mère dévouée à sa progéniture

Les femelles de mon espèce pondent 20 à 50 œufs qu’elles recouvrent de soie pour former un cocon blanc. Généralement, elles se posent sur ce cocon pour le protéger, parfois jusqu’à la mort. Les œufs éclosent au bout d’un mois et demi environ.

Vis ma vie

Comme les autres espèces de ma famille, je ne construis pas de toile mais chasse mes proies, des petits arthropodes (insectes, cloportes, acariens, etc.), en les guettant au crépuscule ou la nuit. Une fois qu’une proie potentielle passe près de moi, je l’attrape et la mange. Je suis sensible aux vibrations mais j’ai une assez mauvaise vue. Quand je vois un gros truc (mes excuses, ne le prenez pas pour vous, je vous dis que je vois flou !) s’approcher de moi, mon premier réflexe est de fuir car j’ai de nombreux prédateurs dans la nature, notamment les oiseaux. Dans les maisons, je crains de finir sous une pantoufle, j’adopte donc le même comportement.

© Sylvain Lecigne
© Sylvain Lecigne

Une relation compliquée avec certains humains…

Si vous essayez de m’attraper dans vos mains et que je n’ai pas d’échappatoire, je peux vous mordre en dernier recours pour que vous me lâchiez. Mais n’ayez crainte, c’est juste pour vous surprendre ; ma morsure n’est pas dangereuse. Si ma présence vous est insupportable, le mieux est d’approcher lentement (car je sens les mouvements d’air si vous allez trop vite) un verre au-dessus de moi pour verrouiller toutes les issues et de glisser une feuille cartonnée en-dessous pour me sortir en toute sécurité pour vous et moi. Mais si vous faites ça en hiver, je serai condamnée par le froid. Le mieux est donc de me tolérer ou de me déplacer dans un autre abri (garage, cave, abri de jardin etc.).

Cap Biodiversité : Connaître, Aimer, Protéger

La faune et la flore ne s’arrêtent pas aux frontières, alors pourquoi nos actions le feraient-elles ? Cap Biodiversité, financé par l’Union européenne, réunit 79 communes en France et en Belgique autour d’un objectif commun : mieux connaître, aimer et protéger la biodiversité.

Dans les vallées de la Scarpe et de l’Escaut, entre forêts, rivières et plaines, nous menons des inventaires naturalistes, des sorties nature gratuites et des actions pour préserver les espèces locales. Habitants, associations et experts travaillent main dans la main pour collecter et partager les connaissances, afin d’agir ensemble pour un territoire vivant.

Ensemble, cap sur la préservation de la biodiversité !