Enquête
Machaon
Le Machaon est un papillon de grande taille, seul représentant de la famille des
Papillonidés dans nos contrées. Cette espèce emblématique est en régression.
Pourtant, elle pourrait être présente dans votre jardin. Partons à sa traque… Cette
nouvelle enquête participative s’inscrit dans le cadre du projet Interreg Cap
Biodiversité, qui a pour objectif de mieux connaître, faire aimer et protéger la faune et
la flore de notre territoire.
Le Machaon est un papillon de grande taille, seul représentant de la famille des Papillonidés dans nos contrées. Cette espèce emblématique est en régression. Pourtant, elle pourrait être présente dans votre jardin. Partons à sa traque… Cette nouvelle enquête participative s’inscrit dans le cadre du projet Interreg Cap Biodiversité, qui a pour objectif de mieux connaître, faire aimer et protéger la faune et la flore de notre territoire.
Papilio machaon
jusqu’à 40mm pour la chenille, 60 à 90mm d’envergure pour le papillon adulte
Période de vol : 1 à 3 générations : une première en mai et une deuxième en juillet-août. Les premiers adultes s’observent à partir d’avril
4 – 6 ans (10 en captivité)
les chenilles se nourrissent des feuilles d’Apiacées, les adultes du nectar de nombreuses plantes, souvent de couleur rose ou violette
répandu en Europe, mais absente en Islande, rare en Grande-Bretagne, au Danemark et au nord de la Scandinavie. S’étend au Moyen-Orient et en Asie jusqu’au Japon. Présent au Canada et en Alaska
On a besoin de vous !
Comme on vit aussi bien en pleine nature que dans les jardins, et notamment dans les potagers (les chenilles raffolent des feuilles d’Apiacées : panais, carotte, aneth, fenouil, persil, céléri), de nombreuses observations échappent aux naturalistes lors
de leurs recensements. Ainsi, votre contribution servira à mieux savoir où nous sommes dans la région. Si vous nous observez, quel que soit le stade (chenille, chrysalide, adulte), nous vous invitons donc à signaler notre présence en cliquant sur le bouton saisir une observation.
Y-a-t-il des machaons près de chez moi ?
Pour le savoir, explorez la carte ci-contre. Vous verrez où ma présence a été signalée sur le territoire du parc naturel européen (Parc naturel régional Scarpe-Escaut et Parc naturel des plaines de l’Escaut).
Je ne suis pas une mite mais issu d’un mythe
Mon nom français : « Machaon » vient de mon nom scientifique : « Papilio machaon ». « Papilio » signifie simplement « papillon ». Dans la mythologie grecque, « machaon » fait référence à un chirurgien du même nom, héros de la guerre de Troie, fils d’Asclépios, dieu de la Médecine, et d’Epione, déesse qui soulage les maux. Autant dire que j’étais bien considéré par la personne qui a décrit mon espèce (et tant d’autres) : Carl von Linné.
Comment reconnaître ma chenille ?
Rappelons tout d’abord que je passe par 4 stades : œuf, chenille, chrysalide et adulte.
Je fais partie des rares papillons qu’on peut facilement reconnaître à tous ces stades (exceptés les œufs). Quand je suis chenille, je mue 4 fois avant de devenir chrysalide. Au début, je suis toute petite, difficile à repérer et à identifier. Après ma première mue, je ressemble à une fiente noire et blanche au milieu, c’est un camouflage parfait pour ne pas me faire manger par les oiseaux !
A partir de la deuxième mue, mon corps est vert pâle à vert vif, avec des bandes noires (parfois très larges en fin de saison) entrecoupées de taches orange. Ma tête est verte zébrée de noire et tachée de jaune. Juste avant de me nymphoser (c’est-à-dire de me transformer en chrysalide), je peux mesurer jusqu’à 4 cm.
Une vie pleine d’embûches
Quand je suis chenille, j’ai de nombreux ennemis, mais j’ai plus d’un tour dans mon sac ! Mes couleurs vives préviennent que j’ai mauvais goût, ça a déjà fait fuir plus d’une mésange !
Si le prédateur (oiseau, fourmi, etc) insiste malgré tout, je déploie un petit organe situé juste derrière ma tête qui a la forme d’une langue de serpent orange appelé osmaterium. Il dégage une odeur nauséabonde qui les fait reculer. Tout cet attirail est malheureusement inefficace contre les parasites.
Plusieurs espèces de mouches de la famille des tachinaires essaient de pondre leurs œufs sur moi pour que leurs larves me dévorent de l’intérieur. Il me reste tout de même deux options pour leur échapper : me laisser tomber, qu’elles me perdent de vue dans la végétation ou, si les œufs sont déjà pondus, muer rapidement avant qu’ils n’éclosent.
Les mouches ne sont pas les seules : certaines guêpes me parasitent aussi, comme Trogus lapidator qui est spécialisée pour parasiter mon espèce. Cependant, si elle pond aussi son unique œuf à l’intérieur de moi quand je suis chenille, je vis un peu plus longtemps : la larve ne me dévore qu’une fois que je me suis transformée en chrysalide.
Comment reconnaître ma chrysalide ?
Ma chrysalide est verte à brun foncé uni avec toutes les teintes intermédiaires. Ma couleur dépend de mon environnement pour être la plus discrète possible. A la fin de mon développement, on peut voir par transparence les motifs du futur papillon qui en émergera. Juste avant de me transformer, j’attache ma future chrysalide à la tige de ma plante hôte (c’est-à-dire la plante qui m’a nourrie) par un fil de soie. Je suis plus difficile à identifier à ce stade mais si on me voit sur ma plante hôte, ça limite les confusions avec les autres espèces. Merci donc de me dire sur quelle plante vous m’avez observée, ça aidera les validateurs à confirmer votre observation.
Comment me reconnaître adulte ?
Alors là c’est facile : je suis grand (jusqu’à 9 cm d’envergure), blanc crème à jaune avec des stries noires. Mes ailes postérieures sont ornées de macules bleues et rouges. Je me nourris de nectar de fleurs, surtout de couleur rose, violette ou bleue. J’apprécie particulièrement les endroits bien exposés au soleil.
J’inspire les artistes
Les papillons, de part leur impressionnante métamorphose, symbolisent l’âme libérée de son enveloppe charnelle lors de la mort, et donc l’immortalité spirituelle. Cette métamorphose évoque également le changement d’état spirituel, moral, etc. Dans la collection permanente du Palais des Beaux-Arts de Lille, vous pouvez admirer le tableau « Vanité » du peintre flamand Jan Sanders Van Hemessen qui montre un ange doté d’ailes de Machaon ! Pour en savoir plus sur cette œuvre :
Cap Biodiversité : Connaître, Aimer, Protéger
La faune et la flore ne s’arrêtent pas aux frontières, alors pourquoi nos actions le feraient-elles ? Cap Biodiversité, financé par l’Union européenne, réunit 79 communes en France et en Belgique autour d’un objectif commun : mieux connaître, aimer et protéger la biodiversité.
Dans les vallées de la Scarpe et de l’Escaut, entre forêts, rivières et plaines, nous menons des inventaires naturalistes, des sorties nature gratuites et des actions pour préserver les espèces locales. Habitants, associations et experts travaillent main dans la main pour collecter et partager les connaissances, afin d’agir ensemble pour un territoire vivant.
Ensemble, cap sur la préservation de la biodiversité !