Comment reconnaître le Frelon asiatique ?

  • Morphologie

Le Frelon asiatique est un insecte ressemblant à une grosse guêpe, avec un abdomen à la coloration presque entièrement brune et des pattes de couleur jaune à l’extrémité. Il est souvent confondu à tort avec le Frelon européen qui est pourtant différent : le Frelon européen est plus gros et possède un abdomen jaune et noir et des pattes entièrement brunes. Les guêpes « communes » sont beaucoup plus jaunes et plus petites que le Frelon asiatique. Attention, certains pollinisateurs ont une coloration proche de celle du Frelon asiatique mais une forme très différente. Le Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris (MNHN) a réalisé une page web d’aide à l’identification.

  • Nid

Le Frelon asiatique construit un nid primaire dès l’arrivée des beaux jours au printemps (mois de mars). Ce nid en papier mâché est petit, sphérique et se situe généralement dans un endroit abrité (cabanon, ruche vide, bord de toit, cavité murale, roncier, etc.). Si l’emplacement du nid devient inadapté ou trop étriqué pour la croissance de la colonie, alors l’ensemble des frelons déménagera pour construire un nid secondaire, souvent en août, plus grand (jusqu’à 80 cm de diamètre et 1 m de haut), composé de plusieurs galettes d’alvéoles. Cet ensemble, construit généralement à plus de 5 mètres de haut (dans un grand arbre par exemple), est enveloppé d’une couche de papier mâché avec une petite ouverture d’entrée sur le côté. Les nids qui restent en place en hiver ne sont jamais réutilisés l’année suivante.

Le nid du Frelon européen se distingue principalement à sa large ouverture d’entrée dirigée vers le bas. On ne le trouve jamais en haut des grands arbres mais plutôt dans des troncs creux ou d’autres endroits abrités.

Les guêpes « communes » (Vespula germanica et Vespula communis) sont beaucoup plus petites et plus jaunes que le Frelon asiatique : elles mesurent de 1 à 2 cm. Leur nid est généralement construit dans des cavités d’habitations (conduits d’aération, faux plafonds, combles, etc.). On peut le trouver parfois à l’extérieur où il peut être confondu avec celui du Frelon asiatique mais il est systématiquement logé dans des lieux protégés, sombres et dissimulés. Pouvant atteindre 1 m de diamètre, le nid est muni d’une très petite ouverture basale.

  • Comportement

Le Frelon asiatique effectue typiquement un vol stationnaire devant les ruches et n’y pénètre pas ou très rarement. Le Frelon européen a un vol direct et semble davantage entrer dans les ruches.

Le Frelon asiatique a été introduit en France un peu avant 2004 en Occitanie. Depuis, sa répartition progresse en moyenne de 60 km par an. Il a été signalé pour la première fois en 2011 dans le département du Nord mais ne semble alors pas avoir réussi à s’installer. Il a été signalé de nouveau en 2016 dans le Nord et dans le Pas-de-Calais. Il ne s’agit pour l’instant que d’observations localisées. Son impact est donc pour l’instant limité.

Le Frelon asiatique n’est pas plus agressif que les abeilles, les guêpes ou le Frelon européen. Tant qu’on ne l’attrape pas et qu’on ne cherche pas à détruire un nid, il ne présente aucune agressivité. On peut même observer un nid à une distance de 4 ou 5 mètres sans risque. Les rares personnes piquées l’ont été en tentant de détruire un nid, en faisant vibrer/bouger l’arbre dans lequel se trouve le nid ou en touchant une ouvrière par inadvertance. La piqûre, si elle est douloureuse, n’est pas plus dangereuse que celle d’une guêpe ou d’une abeille. Tout comme pour les abeilles et les guêpes, si vous avez été piqué(e) au niveau du visage, sur ou dans le cou, que vous êtes allergique ou voyez un jeune enfant se faire piquer, une prise en charge médicale d’urgence est recommandée.

Le Frelon asiatique n’est pas la cause principale de déclin des abeilles. Il vient seulement s’ajouter à une liste de menaces déjà longue. Ce déclin est un phénomène mondial qui s’observe également là où il n’y a pas de Frelon asiatique. Parmi les causes les plus importantes du déclin des abeilles, on peut citer la raréfaction des plantes mellifères (en particulier les fleurs sauvages), l’intensification des pratiques agricoles, la destruction des habitats naturels, l’utilisation des pesticides comme les néonicotinoïdes, les parasites (ex. Varroa) et les pathogènes (notamment virus) ou encore le changement climatique. Il faut ajouter que le Frelon asiatique ne s’attaque pas qu’aux abeilles domestiques, mais aussi à de nombreux autres insectes (guêpes, chenilles, mouches, etc.) et araignées. Cependant son impact sur les écosystèmes et sur les abeilles domestiques est difficile à mesurer.

Piéger les reines au printemps n’est pas utile et s’avère néfaste pour la biodiversité. En effet, la mortalité des reines est très forte au printemps lors de la fondation des colonies. Les piéger réduit la compétition entre elles et ne change pas le nombre de nids observés au cours de l’été. Il n’existe à l’heure actuelle pas de pièges réellement sélectifs : même s’ils peuvent sortir du piège, le séjour plus ou moins long des insectes à l’intérieur du piège les stresse fortement (prédation, chaleur excessive, humidité, etc.) et augmente leur mortalité. De plus, les insectes ayant le même gabarit que le Frelon asiatique seront piégés. Les pièges actuels détruisent donc, en plus du Frelon asiatique, de très nombreux insectes utiles pour le jardin et les habitats naturels : en particulier des pollinisateurs, des guêpes et des frelons européens qui sont prédateurs de nombreux insectes herbivores tels que les chenilles, les criquets, les sauterelles, de nombreuses mouches, etc. En outre, le piégeage des ouvrières est très peu efficace car les individus morts sont rapidement remplacés par de jeunes individus.

Le plus gros impact négatif du Frelon asiatique est le stress qu’il induit aux abeilles mellifères. En effet, elles stoppent ou réduisent considérablement leur activité lorsqu’un frelon vole devant la ruche. La prédation, même si elle peut être importante, impacte généralement peu la productivité ou la survie de la colonie d’abeilles. La meilleure solution pour réduire ce stress est de rechercher le nid puis de faire appel à un professionnel certifié pour le détruire. Cette solution est cependant coûteuse. Les solutions les plus économiques sont de réaliser des aménagements sur ou autour des ruches, comme la pose d’un grillage pour éloigner le Frelon asiatique. Cela consiste en l’achat ou la fabrication d’une « muselière » ou d’un abri grillagé à mailles de 5,5 x 5,5 mm autour des ruches. Le grillage doit être assez large pour laisser passer les abeilles et suffisamment petit pour que le Frelon asiatique ne puisse pas passer. On peut également laisser les hautes herbes se développer devant la ruche. Il est possible aussi de combiner ces deux techniques. L’avantage de ces approches est qu’elles n’ont aucun impact sur les autres pollinisateurs.

Non, pas dans l’état actuel des connaissances. Il est pour l’instant illusoire de croire que l’on pourra totalement l’éradiquer. En effet, un seul nid de Frelons asiatiques produit potentiellement assez de reines fondatrices pour repeupler un département entier. Il faut donc apprendre à vivre avec. Il est toutefois possible de limiter son impact sur les ruches avec des moyens de lutte adaptés (cf. la rubrique « des frelons s’attaquent à ma/mes ruche(s), que faire ? »).

La destruction d’un nid doit être réalisée par un professionnel certifié. Elle doit se faire le plus tôt possible (et jusque mi-novembre) et à la tombée de la nuit ou au lever du jour pour limiter les risques d’accidents et tuer le plus d’ouvrières possibles. Inutile de détruire un nid en période hivernale : il sera inoccupé et ne sera pas recolonisé l’année suivante. Actuellement une des meilleures techniques est l’injection d’insecticide dans le nid à l’aide d’une perche télescopique. Il convient ensuite de récupérer le nid et de l’éliminer en suivant les pratiques réglementaires en vigueur sur la gestion des déchets pour éviter que des oiseaux ou d’autres insectes soient intoxiqués en consommant les frelons morts. Des techniques d’injections de chaleur ou de froid (azote liquide) sont à l’étude. Non-impactantes sur l’environnement, ces techniques permettent de laisser le nid sur place après l’opération.

Si vous avez vu un, quelques individus ou un nid, vous êtes invités à saisir votre donnée dans la plateforme en ligne SIRF, si possible accompagnée d’une photo sur SiRF.

La seule source d’informations fiable est le site du MNHN. Il y a de nombreux autres sites internet parlant du Frelon asiatique. Cependant, la majorité de ces sites relaient des informations fausses, non vérifiées, voire dangereuses en encourageant l’utilisation de pièges inefficaces et non sélectifs à des périodes de l’année et/ou dans des lieux inadaptés.

Pour davantage de conseils et informations, vous pouvez également contacter le référent local le plus proche de chez vous.