An Martel & Franck Pasman (Université de Gand, Belgique) viennent d’informer Claude Miaud du CEFE de Montpellier que le champignon Batrachochytrium salamandrivorans  avait été identifié sur des salamandres mortes dans la commune de Dinant, très proche de la frontière française (à environ 15 km des Ardennes et 50 km du Nord).

Ce champignon est responsable de mortalité massive de Salamandre tachetée aux Pays-Bas, en Allemagne et en Belgique. Il est particulièrement pathogène, pour les espèces de tritons et de salamandres de France, menant les populations touchées à l’extinction, alors que les grenouilles et crapauds testés sont résistants.

salamandre-j-godin-site

Une surveillance des maladies des amphibiens est animée en France via le site alerte amphibien qui permet la déclaration d’observation d’animaux « malades » et – dans le cas d’observation de mortalité importante – de faire procéder à des analyses.

Par un courrier en date du 4 mai, Claude Miaud a demandé au président de la Société Herpétologique de France (SHF), M. M. Barrioz, de contacter urgemment le coordinateur régional de la SHF (José Godin pour le Nord et le Pas-de-Calais) afin de mettre en place une surveillance accrue sur les populations de salamandres et de tritons de la région considérée, d‘où cette annonce.

Les tritons et les salamandres sont des animaux protégés et leur ramassage et détention, même morts, nécessite une autorisation préfectorale, qui est instruite dans les services de la DREAL.

Etant donné l’urgence de la situation (et la possibilité de découverte rapide d’animaux morts nécessitant un diagnostic), il a demandé à la DREAL d’instruire rapidement une demande d’autorisation de ramassage des amphibiens morts. Comme ce ramassage pourra être coordonné par le responsable régional de la SHF, il a suggéré qu’une autorisation à son nom lui soit délivrée permettant de couvrir les personnes collaborant à cette opération. L’instruction du dossier est en cours.

Dans l’attente de la réception de cette autorisation, un protocole de recherche et un code de bonne conduite à tenir en cas de découverte de cadavres ont été élaborés et peuvent être téléchargés ICI.

En particulier :

  •  en cas d’observation d’animaux morts ou malades : déclarer l’observation le plus rapidement possible sur le site alerte amphibien ou par téléphone au 06 51 17 62 43 ;
  • attention de ne pas toucher des animaux en bonne santé après avoir touché un amphibien mort… Ne devenez pas les vecteurs de la dissémination de ce pathogène ! pour cela suivez bien les recommandations de bonne conduite.

Merci à ceux qui souhaitent participer à cette opération de bien vouloir se faire connaître auprès de José GODIN

Pour en savoir plus

  • Un champignon menace les amphibiens – Qu’avons-nous appris sur la chytridiomycose ? de Claude Miaud paru dans le Courrier de la Nature 277 (à voir ici) ;

  • La chytridiomycose : une maladie émergente des amphibiens par Tony DEJEAN, Claude MIAUD  & Martin OUELLET paru dans le bulletin n° 134 de la société herpétologique de France (2010)  (à voir ici).