Les ministres de l’Agriculture et de l’Environnement ont pris un arrêté interministériel autorisant l’utilisation d’un anticoagulant de funeste réputation. Ce poison a entraîné des catastrophes écologiques, notamment  en Franche-Comté en 1988/89,où sur 44 000 hectares, on a dénombré 846 espèces de faune « non cible » : 427 buses, 232 renards, 11 blaireaux, 53 milans royaux…) ; il touche également les espèces herbivores comme le chevreuil ou le lièvre (ONCFS). En 2011, la LPO France tirait la sonnette d’alarme après la découverte en Auvergne de cadavres de Milans royaux, espèce classée « quasi menacée » alors que la France accueille la 2e population mondiale.

Dans le même temps, en 2015, un arrêté ministériel classe « nuisibles » tous les prédateurs des campagnols et mulots : Renard roux et Mustélidés (Putois, Belette, Martre, Fouine).

On ne peut que s’étonner de voir que ce classement est en contradiction avec les recommandations faites très justement dans l’arrêté de lutte contre les campagnols et mulots dans lequel on peut lire qu’il faut avant tout lutter contre ces proliférations par des mesures culturales adaptées, mais également par « des mesures favorisant la prédation ».

V-gaveriaux-campagnol

Pour cela, il recommande des mesures «  de gestion du paysage qui peuvent contribuer à favoriser la pression de prédation naturelle, utile notamment quand le niveau des populations de petits rongeurs reste suffisamment faible pour permettre des luttes précoces raisonnées :

– l’entretien des réseaux ou la plantation de haies, l’entretien des murgers et de la couverture herbacée autour des parcelles (fossés, talus) ;

– des mesures de protection spécifiques des prédateurs, à définir au sein des conseils départementaux de la chasse et de la faune sauvage ;

– localement, la pose de perchoirs ou de nichoirs, selon les espèces présentes et l’importance des éléments paysagers à échelle des territoires exposés aux risques de pullulation de campagnols et de mulots nuisibles aux cultures, la réouverture des clochers et des granges… ».

Ces recommandations confortent les propositions que le GON renouvelle chaque année :
  • – retirer les prédateurs limitant les espèces occasionnant des dommages importants aux activités agricoles, forestières et aquacoles (micromammifères herbivores, Lapin de Garenne, Rat musqué) de la liste des espèces susceptibles d’être classées « nuisibles »,
    – Interdire leur chasse dans les secteurs où la prolifération des micromammifères, des lapins et des Rats musqués est avérée ;
    – mettre en œuvre les dérogations à ces règles en cas de problème en appliquant les préconisations du code de l’Environnement (articles L.411-1 à L.411-2) ;
    – préserver les sites de reproduction des rapaces, notamment des busards.