Volume N°47-1

2014-1 Rolet, C., Spilmont, N., Ward, A. & Luczak, C. – Les Limicoles hivernants sur le littoral Nord – Pas-de-Calais : vers une typologie d’occupation de l’espace en lien avec les ressources alimentaires

Résumé : A partir des données de recensements annuels à la mi-janvier, pour le Wetlands International, sur la période 1988-2013, la distribution spatiale des Limicoles hivernant sur les zones intertidales (plages et estuaires) du Nord – Pas-de-Calais est analysée à une échelle globale et spécifique afinde : (1) caractériser leur répartition spatiale sur les différents secteurs du littoral, (2) rechercher une éventuelle typologie géographique de la présence des différentes espèces, (3) coupler leur distribution spatiale avec celle de leurs proies (macrofaune benthique) pour évaluer si cette distribution est liée à la disponibilité de leurs ressources alimentaires et (4) identifier de potentiels secteurs à enjeu de conservation. Durant cette période de suivi, 84% des effectifs moyens (1988-2013) sont observés sur 6 principaux sites ; baie de Canche et d’Authie, plages adjacentes à ces 2 estuaires, plages de Dunkerque à la frontière belge, plage des Hemmes de Marck et avant-port ouest de Dunkerque. Ces sites présentent également les ressources alimentaires les plus importantes nous permettant d’affirmer que la répartition spatiale des Limicoles, de manière globale ou spécifique, est liée à celle des ressources disponibles, mais aussi à celles de leurs proies préférentielles. Les 2 baies (Canche et Authie), les plages qui leur sont adjacentes et celle des Hemmes de Marck sont les secteurs accueillant chaque année des effectifs importants de Limicoles et sont ainsi qualifiés de « hot spots ». Le littoral dunkerquois (plages et avant-port ouest de Dunkerque) accueille un nombre important d’oiseaux uniquement lors de vagues de froid et sont de ce fait des zones refuges. Les autres sites accueillent, quant à eux, un faible nombre de Limicoles (< 600 individus) avec des fluctuations inter-annuelles peu marquées et peuvent ainsi être qualifiés de zones secondaires pour le stationnement et l’alimentation des Limicoles hivernants. De ce fait , desmesures de gestion et de conservation apparaissent primordiales pour maintenir la forte valeur patrimoniale des principaux sites d’intérêt ornithologique à l’échelle régionale, telle que la plage des Hemmes de Marck aujourd’hui menacée par la construction de nouvelles infrastructures dans le cadre du projet Calais 2015.

2014-2 Godin, J. – Observation d’un Geai des chênes Garrulus glandarius au bec déformé à Saint-Aybert (59, SE – E10,08)

Résumé : Un Geai des chênes au bec déformé a été observé à Saint-Aybert (59, SE – E10, 08) à un poste de nourrissage dès le 13/03/16. Le type de déformation et le comportement de l’oiseau sont décrits. Les causes probables de l’origne de ces déformations et leur incidence sur la vie des oiseaux (espérance de vie, capacité de reproduction) sont abordées au regard des données bibliographiques sur le sujet.

2014-3 Facon, D. – Note sur l’Aigrette garzette Egretta garzetta hivernante dans les prairies arrière-littorales au sud de la Canche (62, PP)

Résumé : L’Aigrette garzette Egretta garzetta s’est installée dans les zones humides arrière-littorales au sud de la Canche dans les années 90. Les 1ers témoignages de la présence d’une colonie à Cucq datent de 1999. Cette colonie semble bien établie dans la mesure où l’on a enregistré la nidification et la reproduction de l’espèce chaque année depuis lors. Les oiseaux sont régulièrement observés dans l’estuaire de la Canche et les marais au sud, qui sont considérés comme leurs principales zones de gagnage. La découverte d’oiseaux se nourrissant dans les prairies humides à courte distance de la colonie en 2006-2007 a suggéré qu’ils pourraient exploiter les prairies comme zones de gagnage. De nouveaux passages dans les prairies humides ont été réalisés dans une zone élargie au cours de l’hiver 2007-2008. Après un résumé de l’histoire de l’installation de l’Aigrette garzette dans la Plaine maritime picarde, les résultats des recensements de 2006-2007 et 2007-2008 sont présentés et discutés. L’attention est attirée sur certaines mesures environnementales mises en œuvre localement sur le plan légal et administratif, ainsi que sur leurs effets sur la régulation des activités humaines qui menacent cette population d’Aigrettes garzettes en particulier.

2014-4 Gajocha, R. – Capture d’un Phragmite aquatique Acrocephalus paludicola dans la RNR du Pré des Nonnettes à Marchiennes (59, SE – E07,08) – Différences morphologiques avec le Phragmite des joncs Acrocephalus schoenobaenus

Résumé : Après avoir rappelé le statut du Phragmite aquatique en Europe et en France, puis présenté le programme ACROLA, et cité les captures récentes réalisées en Scarpe-Sensée-Escaut dans le cadre de ce programme, l’auteur illustre, à l’aide de photographies, les principaux caractères permettant de distinguer le Phragmite aquatique du Phragmite des joncs.

Volume N°47-2

Volume N°47-3

2014-9 : Stien, B. & Lemoine, G. – Mise en évidence de l’utilisation de l’Arméria de Haller Armeria maritima halleri comme plante-hôte par le Demi-Argus Cyaniris semiargus (Rottemburg, 1775) dans les pelouses calaminaires du Douaisis
Résumé : La découverte du Demi-Argus à Auby (59) en 2012 et l’observation de comportements de ponte sur Armeria maritima subsp. halleri en 2013 ont permis de montrer l’existence d’une population de ce Lépidoptère dans ce secteur et de suspecter très fortement l’utilisation de ce taxon végétal par le papillon comme plante hôte dans les pelouses calaminaires du Douaisis (Lemoine, 2013b). Une recherche minutieuse de pontes au cours de l’été 2015 et un suivi du développement des chenilles ont permis, d’une part de confirmer l’hypothèse initialement formulée et d’autre part de mieux connaître l’écologie de l’espèce dans le contexte calaminaire. Le Demi-Argus présente ainsi dans le Douaisis de belles populations qui s’épanouissent au cours de deux générations annuelles. Les femelles déposent leurs pontes exclusivement dans les inflorescences d’Armeria maritima subsp. halleri. La chenille quitte le capitule au stade L3 pour continuer sa croissance très probablement dans l’appareil végétatif au niveau du sol. Le Demi-Argus ayant établi des relations étroites avec sa plante-hôte, l’avenir de ses populations du Douaisis dépend de la conservation de l’habitat calaminaire et du maintien des fortes populations d’Armérias de Haller présentes.

2014-10 : Deboulonne, A. – La gestion d’une situation à risques par le Choucas des tours Corvus monedula
Résumé : Une alarme intrusion incite l’auteur à revenir à son domicile plus tôt que prévu. Il ne constate aucune anomalie et se met à un travail informatique lorsqu’il aperçoit une ombre qui se déplace. Il s’agit d’un Choucas des tours Corvus monedula, entré par la cheminée. Celui-ci garde son calme et trouve le moyen, en interprétant le regard de l’auteur et avec sa complicité, de sortir sans encombre. Son comportement, simple en apparence, nous amène à nous interroger sur les capacités cognitives de l’espèce, et par-delà, à la lumière des nouvelles découvertes, sur celles des oiseaux.

2014-11 : Deboulonne, A. -Le « clan de la rivière », une famille de Gallinules poules-d’eau Gallinula chloropus se gave de pommes
Résumé : Dans une zone actuellement peu affectée par les activités d’aménagement, en bordure du riez de Bourghelles, sont installés deux couples de Gallinules poules-d’eau Gallinula chloropus. De septembre à la fin de novembre, l’auteur observe régulièrement un groupe de 8 à 10 gallinules en train de consommer les fruits tombés. La valeur énergétique de ceux-ci est sans doute bien supérieure à celle des végétaux habituels et permet d’atteindre en pleine vigueur le début de l’hiver. Peut-être aussi apprécient-elles leur qualité gustative ?

2014-12 : Lefebvre, R. et Godin, J. – Observation d’un Étourneau sansonnet Sturnus vulgaris au plumage aberrant à HÉNIN-BEAUMONT (62,AE – E05,08)
Résumé : Les auteurs rapportent l’observation d’un Étourneau sansonnet au plumage aberrant. Le type d’aberration correspond selon la classification de Van Grouw (2013) à la mutation « brune ».