Volume N°43-1

  • Atlas préliminaire des Lépidoptères Papilionoidea de la région Nord – Pas-de-Calais (2000-2010)

En 2010, on dénombre 73 espèces de Lépidoptères Papilionoidea susceptibles d’être observées dans la région Nord – Pas-de Calais dont 64 ayant des populations autochtones connues. Parmi ces 64 espèces, 36 (56 %) sont considérées comme patrimoniales. Quinze (42 %) de ces 36 espèces sont potentiellement menacées en raison de leur rareté élevée, de populations peu nombreuses et/ou isolées. Parmi ces 15 espèces, 2 sont d’ores et déjà présumées disparues (le Gazé qui n’a pas été revu depuis 2007 et le Moyen Nacré depuis 2004). Antérieurement, la dernière disparition d’espèce confirmée concerne le Grand Sylvain dont la dernière observation dans l’Avesnois remonte à 1999. Malgré d’intensives recherches, il n’a pas été retrouvé.

Au-delà du nombre d’espèces qui diminue, c’est l’état même des populations qui doit nous alarmer. Bien que nous ne puissions l’affirmer, faute de données historiques suffisantes, il est clair que les effectifs de nombreuses espèces (les plus patrimoniales), se réduisent comme « peau de chagrin ». Inéluctablement, notre faune de Lépidoptères Papilionoidea s’appauvrit et se banalise.
Après dix années d’enquête de terrain, c’est le constat sans appel que dressent les naturalistes. Il est plus que temps d’agir si nous ne voulons pas léguer aux générations futures une nature dénaturée et orpheline de ses papillons.

Volume N° 43-2

  • Le pelage de l’Hermine Mustela erminea dans la région Nord – Pas-de-Calais, deuxième synthèse des observations– C. Ancelet
    L’analyse des observations du pelage de l’Hermine Mustela erminea d’octobre à mai indique que la mue automnale se situe entre début novembre et fin janvier. Des animaux au pelage hivernal blanc, à l’exception du toupet terminal de la queue qui reste noir, sont observés dans l’ensemble de la région Nord – Pas-de-Calais, du littoral au Haut-Avesnois, entre la deuxième décade de novembre et la dernière décade de mars. La mue printanière a lieu entre la deuxième décade de février et fin mars. Aucun gradient phénologique selon les districts biogéographiques n’a pu être mis en évidence.
  • Bilan du recensement des oiseaux d’eau à la mi-janvier 2011 dans la région Nord – Pas-de-Calais– A. Ward
    Le recensement des oiseaux d’eau réalisé à la mi-janvier 2011 a permis de contacter 107 279 oiseaux appartenant aux espèces de la liste officielle du Wetlands International auxquels s’ajoutent 207 individus appartenant à 19 espèces qui ont fréquenté les zones humides prospectées lors du recensement.
  • Bilan des connaissances sur la distribution des Orthoptères et Mantidés de la région Nord – Pas-de-Calais – Période 1999-2010 – P. Cabaret
    A la date du 05/08/11, et pour la période 1999-2010, 170 observateurs ont communiqué près de 6 000 données à la centrale régionale « Orthoptères ». 54 % des 580 mailles de 5 km x 5 km ont fait l’objet d’au moins un inventaire. La région compte actuellement 41 espèces d’Orthoptères, dont 22 espèces d’Ensifères, 19 espèces de Caelifères, et 1 espèce de Mantidés. L’ensemble des observations validées d’espèces autochtones et/ou introduites est prise en compte et leur distribution géographique est présentée dans la maille 5 km x 5 km.
  • La datation de la dune de GHYVELDE (59,FM – E02,01) par la malacofaune– G. Lemoine
    Il y a un siècle aurice BOULY DE LESDAIN (1869-1965) relatait la découverte d’une faune insolite et la modification des paysages qu’il avait constatée dans la dune décalcifiée de GHYVELDE (Nord, France). Suite à la découverte d’une faune fossile, d’affinité méditerranéenne, la dune devient un élément géologique daté du Pléistocène, considéré par plusieurs auteurs comme un cordon « fossile » marquant la trace d’un rivage ancien édifié avant un brusque refroidissement climatique. Au cours du XXe siècle, les conclusions de BOULY DE LESDAIN furent successivement confirmées puis infirmées. Des études récentes tendent à démontrer que le cordon de GHYVELDE date d’une époque beaucoup plus proche et qu’il s’est formé à une période où le climat était sensiblement le même qu’aujourd’hui. Les inventaires récents de la malacofaune actuelle et fossile de la dune décrivent des espèces différentes de celles relatées par BOULY DE LESDAIN, espèces qui restent toutefois d’intérêt géologique, historique et naturaliste, mais qui ne confirment pas les hypothèses émises il y a un siècle.

Volume n°43-3

  • La Grande aigrette Casmerodius albus – 30 ans d’observation dans le Parc naturel régional Scarpe-Escaut– J.-P. Lejeune
    L’historique de l’implantation de la Grande Aigrette Casmerodius albus et de l’évolution de ses effectifs en Scarpe-Escaut est décrite. Le suivi des effectifs dans les deux principaux sites d’hivernage montre un effet « site » mettant en évidence les perturbations liées à la chasse au gibier d’eau. La dispersion des oiseaux autour des dortoirs vers les lieux de gagnage est estimée et les différentes ressources alimentaires exploitées montrent que l’espèce est opportuniste. La probabilité d’une prochaine nidification est évoquée.
  • Les tortues palustres allochtones dans la région Nord – Pas-de-Calais– J. Godin
    Deux nouvelles sous-espèces de Trachémyde écrite : la Trachémyde à ventre jaune Trachemys scripta scripta et la Trachémyde de Troost Trachemys scripta troostii, un hybride entre ces deux sous-espèces ainsi qu’une sous-espèce de Graptémyde pseudogéographique Graptemys pseudogeographica pseudogeographica ont été observées in natura dans la région Nord – Pas-de-Calais en 2010 et 2011. Le détail des observations est relaté, la probabilité d’invasion est évaluée et l’impact réel des deux espèces sur le milieu naturel régional est commenté.
  • Les mollusques continentaux de la prairie des Parts, LOCQUIGNOL (59,HA – E10,11) et la première mention de la Loche blanche Deroceras agreste (Linnaeus 1758) dans la région Nord – Pas-de-Calais X. Cucherat
    En 2004, les mollusques continentaux de la prairie des Parts, une zone humide située dans le lit majeur de la Sambre dans la région Nord – Pas-de-Calais, ont été étudiés. Cette étude a permis de trouver 31 espèces d’escargots terrestres et aquatiques, de limaces et de pisidies. Parmi les escargots terrestres, cinq sont typiques des zones humides et leur présence est limitée aux zones les plus basses du site, tandis que les 17 restantes sont largement répandues dans le site et ont une large amplitude écologique. Les grands escargots terrestres n’occupent que les marges du site et les zones de refus des chevaux. Les espèces aquatiques sont localisées aux fossés inondés. La richesse spécifique est considérée comme faible et comporte surtout des espèces largement répandues, exception faite de la Loche blanche Deroceras agreste (Linnaeus 1758) dont on rapporte ici la première mention pour la région Nord – Pas-de-Calais.
  • Comment estimer la rareté régionale d’une espèce ? Méthode de calcul du coefficient de rareté pondéré et exemple d’application– C. Vanappelghem
    Une méthode de calcul pour attribuer des indices de rareté pondérés par la pression de prospection est proposée sur la base du calcul du coefficient de rareté défini par BOULLET et al. (1999) et d’une pondération proposée par HAUGUEL et WATTEZ (2008). Cette méthode, utilisée par HAUBREUX (2011) pour attribuer des indices de rareté régionale aux Lépidoptères Papilionoidea, sera appliquée aux autres groupes faunistiques étudiés dans la région Nord – Pas-de-Calais.

Volume N°43-4

  • 2010-10 Legrand, P.-R. – Rapport du Comité d’homologation régional OISEAUX – Années 2010 et antérieures

Résumé : Compte-rendu des avis du Comité régional d’homologation Oiseaux Nord Pas-de-Calais sur 368 fiches qui lui ont été soumises par les observateurs pour les années 2010 et antérieures (jusqu’à 1995 pour les données les plus anciennes) : 89% de ces fiches ont été validées.

  • 2010-11 Godin, J. – Un plan d’action pour la conservation de l’Alyte accoucheur Alytes obstetricans dans l’Union européenne. Situation de l’espèce dans la région Nord – Pas-de-Calais.

Résumé : La Commission européenne a mis en place en 2008 un groupe de travail pour élaborer un plan d’action européen en faveur de l’Alyte accoucheur Alytes obstetricans. Chaque pays devait fournir des indications sur l’état de conservation, les menaces et les actions menées ou susceptibles d’être menées en faveur de l’espèce.

L’objet de cet article est de rapporter les données relatives à la situation de l’espèce dans la région Nord Pas-de-Calais.

  • 2010-12 Mézière, S. – La Petite Violette Boloria dia dans le Haut-Avesnois (59, HA), une installation durable ?

Résumé : La Petite Violette Boloria dia n’avait pas été revue dans le Nord Pas-de-Calais depuis 1986. Dans le cadre de l’enquête atlas sur les Lépidoptères Papilionoidea (2000-2010), l’observation d’un premier individu isolé a été réalisé en 2005. En 2011, l’implantation d’une petite population était confirmée sur les pelouses calcicoles du Haut-Avesnois par l’observation de comportements de ponte et la présence de nombreux individus appartenant à 3 générations. Grâce à ces indices de reproduction et d’autochtonie, il semble désormais possible d’envisager une implantation durable de l’espèce dans la région.

  • 2010-13 Lemoine, G. – Faut-il favoriser l’Abeille domestique Apis mellifera en ville et dans les écosystèmes naturels ?

Résumé : Face à la réduction du nombre de colonies d’abeilles domestiques Apis mellifera dans les esaces ruraux et agricoles, les apiculteurs sont de plus en plus nombreux à s’intéresser aux ressources nectarifères que peuvent apporter les espaces urbains et les espaces naturels protégés.

En espaces urbains, sous couvert de favoriser la biodiversité, notamment celle des villes, les projets qui se mettent en place relèvent malheureusement plus d’opérations de communication d’entreprises et de collectivités, ou de marketing territorial que de la protection de la nature. Il n’y a pas de réels objectifs identifiés, à part la production de miel en secteurs favorables. De plus, les apiculteurs risquent d’introduire de la biodiversité négative dans ces espaces par leurs pratiques pouvant favoriser la présence d’espèces végétales très appréciées par les abeilles mais souvent exotiques ou invasives.

Dans les espaces protégés, la présence de ruchers, préconisée par certains gestionnaires, peut également être soumise à questionnement. L’abeille domestique dont les sous-espèces utilisées en apiculture sont souvent allochtones et constamment améliorées, bénéficie de pratiques apicoles comme tout autre animal domestique d’élevage. Ces pratiques sont le témoin d’un intérêt d’abord économique et des difficultés que rencontrent ces sous-espèces à se maintenir sans un perpétuel soutien. Les effets de la présence de sous-espèces exogènes en très grand nombre dans nos écosystèmes et a fortiori dans les écosystèmes patrimoniaux restent encore à analyser, mais il est probable que les Abeilles domestiques actuellement utilisées par les apiculteurs entrent en compétition avec les abeilles sauvages pour l’accès à des ressources qui se raréfient. La flore en place bénéficiait déjà d’une communauté de pollinisateurs sauvages et adaptés ayant su assurer son maintien avant l’introduction massive d’Abeilles domestiques améliorées.