Le ministère de l’Environnement et du développement durable soumet à la consultation du public un périmètre pouvant accueillir un parc éolien d’une puissance d’au moins 500 MW au large de Dunkerque dans la zone Natura 2000 “Bancs des Flandres”.

La zone proposée présente une haute valeur patrimoniale sur le plan des habitats et des espèces comme l’atteste son classement en zones de protection spéciale pour les oiseaux (ZPS). Son rôle fonctionnel est triple :

  • zone de transit des migrateurs suivant deux axes qui mènent les oiseaux vers l’océan Atlantique (nord-est/sud-ouest depuis la Baltique et nord-sud depuis la mer du Nord) auxquels s’ajoutent ceux qui traversent la Grande-Bretagne ; tous se rejoignent dans le passage du Pas-de-Calais ;
  • zone de repos et de gagnage pour les migrateurs, mais également pour les hivernants qui passent une grande partie de l’hiver sur place et s’alimentent dans les eaux poissonneuses des bancs de Flandre ;
  • zone de gagnage pour les oiseaux marins qui se reproduisent en colonie sur le littoral de la Mer du Nord et du détroit du Pas-de-Calais.

La zone proposée se caractérise par des variations météorologiques fréquentent (en particulier de la force et de la direction des vents ; brouillard) qui entraînent des glissements des vols migratoires tant en altitude qu’en longitude, ce qui fait que l’espace aérien de la zone proposée va être utilisé en totalité avec une intensité du flux migratoire conditionné par ces variables climatiques.

Le flux migratoire concerne plusieurs centaines de milliers d’oiseaux appartenant à plus de cent espèces dont la phénologie est différente. Ainsi, les passages ont lieu tout au long de l’année avec plus ou moins d’intensité ; ils sont caractérisés par un seul creux de juin à juillet et des pics en automne.

D’autre part, les études récentes en France (migraction.fr) menées par radar indiquent que les deux tiers des oiseaux migrent la nuit, ce qui implique que l’importance des flux connus est largement sous-estimée.

En outre, les techniques actuelles de suivi des migrateurs ne permettent pas de dénombrer correctement les flux migratoires. Les radars terrestres ne détectent pas les vols au-delà de 5 ou 6 km des côtes ; les radars embarqués ne sont efficaces que par temps calme ; les observations visuelles embarquées ignorent, par évidence, les vols de nuit.

Ce constat des carences actuelles des suivis d’oiseaux en mer ne permet pas de définir au sein de la zone soumise à consultation, l’emplacement le moins perturbateur pour minimiser les impacts négatifs sur les vols migratoires et les vols de gagnage des oiseaux qui se reproduisent sur le littoral.

Compte tenu de ces considérations, nous estimons que la zone soumise à avis au sein du site Natura 2000, n’est pas compatible avec la préservation de l’avifaune européenne.

Nous suggérons d’étudier une autre zone, par exemple celle située très au large du Touquet et déjà envisagée, pour vérifier qu’elle est moins perturbatrice pour les vols migratoires et pour les zones de gagnage des oiseaux.

Vous pouvez donner votre avis avant le 31 juillet sur le site de la DREAL