Dans le cadre de l’atlas Coccinelles des Hauts-de-France, lancé en avril 2021, le groupe Coccinelles du GON vous incite à rechercher cette espèce facile à trouver, sans avoir besoin de matériel. Autre avantage : on peut même la trouver par jour de mauvais temps !

Contrairement à la plupart des autres bêtes à bon Dieu, Henosepilachna argus est végétarienne, larve comme adulte. Son nom varie d’une région à l’autre en fonction de l’abondance de ses plantes de prédilection : en effet, elle se nourrit principalement de feuilles de Bryone dioïque dans le nord de la France et de feuilles d’autres Cucurbitacées dans le sud. Chez nous, on l’appelle donc la Coccinelle de la Bryone.

Quand la rechercher ?

La Coccinelle de la Bryone est principalement observée de mars à septembre avec un pic en juin (source : statistiques de l’espèce sur observations.be).

Comment participer ?

Etape 1 : trouver la Bryone dioïque (Bryonia dioica), la plante dont se nourrit larves et adultes

La Bryone dioïque (Bryonia dioica) est une plante grimpante de la famille des Cucurbitacées qui se développe là où elle trouve un support adapté: sur des haies, des grillages… En général, elle pousse dans les haies des jardins et des pâtures à la campagne et dans les endroits peu entretenus en ville : sur les voies ferrées ou dans les gares, en bas des résidences étudiantes, etc.

Bryone dioïque poussant sur les grilles d’une résidence étudiante à Lille

Caractéristiques de la Bryone dioïque :

Les feuilles très découpées font penser à des feuilles de vigne non luisantes, plus petites et fragiles. La plante est dioïque, c’est-à-dire qu’il existe des pieds avec uniquement des fleurs mâles (qui produiront le pollen) et des pieds avec uniquement des fleurs femelles (qui produiront des petites baies vertes qui deviendront rouges à maturité), les fleurs sont petites, à 5 pétales blancs-verdâtres. La plante s’accroche à son support à l’aide de vrilles.

De gauche à droite : feuille, vrille + fleur et baies de Bryone dioïque (Bryonia dioica)

Etape 2 : chercher la Coccinelle de la Bryone ou des indices de présence

Une fois que vous avez repéré la plante, il faut chercher la coccinelle. Il y a plusieurs manières de procéder :
– Regarder directement si la coccinelle est là, au stade adulte, larvaire ou nymphal.
– Rechercher les indices de présence : la Coccinelle de la Bryone laisse des traces caractéristiques de son passage. Généralement, quand on voit des indices de présence, l’espèce n’est pas loin !

Attention : elle est parfois cachée sur la face inférieure de la feuille et se laisse facilement tomber pour échapper aux prédateurs. Soulevez donc délicatement les feuilles et mettez votre autre main en-dessous au cas où.

Identification des individus :

La Coccinelle de la Bryone adulte est de la même taille (5 à 7 mm) que la très commune Coccinelle à 7 points. Mais elle est orangée avec 11 points noirs et son pronotum (c’est-à-dire la partie juste derrière sa tête) est aussi orangé alors qu’il est noir et blanc pour la Coccinelle à 7 points. En outre, la face dorsale est recouverte d’une pubescence donnant à l’insecte un aspect velouté (un peu comme un abricot).

La larve est facile à identifier : au dernier stade, elle est à peu près de la même taille que l’adulte (plus petite aux premiers), jaune pâle et porte des épines noires (parfois blanches ou bout) insérées sur des tubercules noirs.

La nymphe est de la même couleur que la larve.

De gauche à droite : larve, nymphe et adultes de la Coccinelle de la Bryone (Henosepilachna argus)

Identification des traces :

Dès qu’elle commence à être mangée, la Bryone dioïque émet des composés toxiques. Pour en limiter l’impact, la Coccinelle de la Bryone commence généralement par délimiter une zone en cercle (cf photo ci-dessous) coupant les vaisseaux faisant circuler les toxines jusqu’au bout de la feuille (cf photo ci-dessous). Elle peut ensuite entamer son repas tranquillement. Les traces laissées par les mandibules de la Coccinelle de la Bryone sont caractéristiques : la feuille est raclée au fur et à mesure, laissant des zones transparentes (il ne reste plus qu’une fine couche cellulaire) de la largeur de ses mandibules entrecoupées de lignes.

Feuille attaquée par la Coccinelle de la Bryone

Etape 3 : transmettre ses données

Pour que votre observation soit prise en compte, il faut la saisir dans la base de données SiRF. Cela permettra de compléter la carte de répartition du Nord et du Pas-de-Calais et ainsi de contribuer à l’atlas des coccinelles des Hauts-de-France.
Vous pouvez ainsi saisir l’observation de l’adulte, de la larve ou juste la présence de l’espèce (dans le cas où vous avez observé les traces sur les feuilles sans avoir réussi à trouver d’individus, il est alors utile de l’indiquer en commentaire de votre observation).
Si vous avez cherché la Coccinelle de la Bryone sur sa plante hôte pendant la bonne période et que vous ne la trouvez pas, il est utile de saisir votre donnée dans SiRF également en tapant le nom de l’espèce et en indiquant « 0 » pour l’effectif : cela permettra de savoir qu’elle a été recherchée mais non trouvée.

Carte de répartition de la Coccinelle de la Bryone dans le Nord et le Pas-de-Calais au 17 juin 2021 (source : SiRF)

Autres espèces à rechercher sur la Bryone dioïque

2 autres insectes sont liés à cette plante. N’hésitez à les rechercher en même temps :

– L’Andrène de la Bryone (Andrena florea) qui en butine les fleurs. Plus d’informations ici.

– La Mouche de la Bryone (Goniglossum wiedemanni) dont la larve se développe dans les baies. Plus d’informations ici.

Pour aller plus loin

Si vous rencontrez d’autres coccinelles dans la région, vous pouvez les identifier grâce à la clé de détermination des Coccinelles du Nord – Pas-de-Calais (DEROLEZ et al., 2014).