Toutes les feuilles sont tombées… les arbres se dressent, dénudés… Les Roses des saules pourtant restent bien visibles au bout des rameaux…

Le Frêne, quant à lui, garde longtemps ses samares (fruits) rassemblées en grappes pendantes et se reconnaît alors aisément à ses gros bourgeons opposés noirs (voir plus bas “Petites aides complémentaires à l’identification”).

C’est à cette période que l’on peut observer ses multiples galles aux allures de pendentifs, d’où leur nom vernaculaire de “breloques du Frêne”. Certains auteurs parlent de galles en “choux-fleurs”… bon, à chacun sa forme de poésie…

Ces galles résultent de l’action d’un acarien, Aceria fraxinivora, de la famille des Eriophyidae. Minuscule, bien sûr, l’adulte mesure 0,18mm, il hiverne dans les replis de l’écorce et pond au printemps sur les inflorescences. Tout au long de l’été, les générations s’y succèdent, transformant les bouquets de fleurs en une masse plus ou moins volumineuse virant peu à peu au brun. Ces galles restent sur le Frêne et ne peuvent que se remarquer après la chute des feuilles.

Encodage

Il suffit de rentrer la donnée (le nom de cet acarien) dans SIRF (http://www.sirf.eu), dans le groupe “Autres”, accompagnée si possible d’une photographie de la galle.

Petites aides complémentaires à l’identification :

La plante elle-même :

http://www.tela-botanica.org/bdtfx-nn-75139-illustrations

La galle :

http://bladmineerders.nl/parasites/animalia/arthropoda/acari/eriophyidae/aceria/aceria-fraxinivora/

Risques de confusion :

Aucun ! (sauf à regarder autre chose qu’un Frêne!)

Appel à contribution :

Les galles sont en réalité de véritables écosystèmes. Non seulement elles abritent l’organisme qui les a induites, mais bien souvent elles sont aussi le lieu d’un foisonnement de vie insoupçonné. Ainsi dans les galles d’Aceria fraxinivora, on peut trouver une multitude de petits animaux à la recherche d’un simple abri ou d’une source de nourriture, par exemple des psoques ou des araignées, mais aussi de petites punaises du genre Orius qui se nourrissent des acariens. Parfois il y a aussi de minuscules larves de cécidomyies (Arthocondax fraxinellus), prédatrices exclusives de ces acariens. L’hiver, elles forment des cocons de soie blanche bien visibles au cœur des galles. Ces cécidomyies sont elles-mêmes la proie de parasitoïdes dont l’identité reste à préciser pour certains et dont la présence en France n’a pas encore été confirmée… Si vous voulez nous aider à éclaircir ces points, merci d’envoyer un échantillon de galle de l’année contenant des cocons (bien sec et scellé dans un petit sachet plastique) avec votre nom, la date et lieu de prélèvement à : Sébastien Carbonnelle, 2 place St Lambert, 5660 Aublain, Belgique.

Les cécidomyies prédatrices :

http://bladmineerders.nl/parasites/animalia/arthropoda/insecta/diptera/nematocera/cecidomyiidae/cecidomyiinae/cecidomyiidi/lestodiplosini/arthrocnodax/arthrocnodax-fraxinellus/

Rappel si vous désirez aller plus loin :

Lambinon, J., Carbonnelle, S. & Claerebout, S., 2012. Aide-mémoire de cécidologie : Choix de zoocécidies de la Belgique (2ème édition). Cercle des Naturalistes de Belgique. 76 p.

Dauphin, P., 2012. Guide des galles de France et d’Europe. Editions Belin, collection fous de Nature. 240 p. (Attention, l’acarien y est nommé Aceria fraxinivorus, sans doute à cause de son ancien nom Eriophyes fraxinivorus.)