Bienvenue sur le site du GON Nord – Pas-de-Calais

Depuis sa création en 1968, le Groupe ornithologique et naturaliste du Nord et du Pas-de-Calais (GON) a acquis une position centrale et incontournable dans l’étude et la protection de la faune sauvage dans la région Nord - Pas-de-Calais. Le GON, initialement tourné vers l’ornithologie, s’est peu à peu diversifié pour étudier l’ensemble de la faune vertébrée sauvage de la région et une partie de la faune invertébrée. Dans le cadre du projet de base de données du patrimoine naturel régional (Réseau des Acteurs de l’Information Naturaliste), le GON est le pôle concentrateur et fédérateur des données sur la faune (Pôle faune).

Echouage en masse de Globicéphales noirs sur la plage de Calais

/Echouage en masse de Globicéphales noirs sur la plage de Calais

Echouage en masse de Globicéphales noirs sur la plage de Calais

Les échouages de mammifères marins sur les côtes françaises sont réguliers, plus d’un millier chaque année est recensé par le réseau national échouages (RNE). Dans la majorité des cas, il s’agit d’animaux morts en mer et échoués de manière isolée après plusieurs jours de dérive, les causes de mortalités sont multiples.

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Lundi 2 novembre 2015, au petit matin, 10 Globicéphales noirs Globicephala melas ont été retrouvés échoués à marée descendante sur la plage de Calais. Jacky Karpouzopoulos, président de la Coordination mammalogique du Nord de la France (CMNF) raconte cet évènement rare sur les côtes du Nord – Pas-de-Calais.

Services municipaux, services de secours, Ligue protectrice des animaux du Calaisis et correspondants du réseau national échouages (RNE) se sont rapidement mobilisés pour remettre à l’eau les 4 individus encore vivants au moment de la découverte. Finalement, seuls 3 ont pu regagner le large.

La femelle morte durant le renflouage ainsi que les 6 autres déjà morts, ont fait l’objet d’examens et de prélèvements par les spécialistes de l’observatoire PELAGIS (université de la Rochelle/CNRS et coordinateur scientifique du RNE), de l’université de Liège épaulés par les membres bénévoles de la Coordination mammalogique du Nord de la France (CMNF) pour tenter d’apporter des informations sur la possible cause de cet échouage.

Les observations en mer ont précédé l’échouage

Le 28 octobre, le groupe de Cétacés composé de 8 adultes et 2 jeunes, 6 mâles et 4 femelles avait été  observé à proximité du port de Scheveningen aux Pays-Bas, puis, la veille de l’échouage, il était signalé au large de Blériot-plage.

Les deux observations témoignent d’animaux regroupés, très serrés les uns aux autres et pour la plupart tête hors de l’eau (spyhopping). Ce comportement est qualifié pour cette espèce soit de curiosité, soit de protection du groupe, notamment lorsque les animaux sont exposés à un risque potentiel.

Le mardi 3 novembre, les investigations à partir des échantillons prélevés sont toujours en cours, mais les premières observations semblent écarter l’hypothèse d’un ou de plusieurs individus atteints d’une pathologie qui aurait pu conduire le groupe à s’échouer. Les examens réalisés sur les 7 individus morts, adultes de tailles comprises entre 4,10 m et 5,35 m, n’ont pas révélé d’état sanitaire dégradé et tous présentaient une bonne condition physique.

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Pour savoir si des activités anthropiques dans la zone auraient pu provoquer cet échouage, les autorités françaises, anglaises, belges et néerlandaises ont été contactées. Leurs réponses tendent à écarter l’hypothèse d’un accident acoustique lié à une activité humaine bruyante dans la zone (de type militaire, chantier maritime, campagne sismique, etc.).

La cause la plus probable

Bien connus des matelots, les fonds marins dans le Sud de la mer du Nord et de la zone du détroit entre Calais et Douvres sont particulièrement compliqués pour la navigation. Ils sont peu profonds et présentent de nombreux bancs de sable formant de véritables barrières dans des eaux turbides.

Le Globicéphale noir s’approche parfois des côtes, mais c’est une espèce principalement océanique. Il utilise l’écholocation pour se repérer et naviguer, mais ce système fonctionne mal sur des fonds sableux et en pente douce, l’écho est mal perçu.

Il semblerait donc que la cause la plus probable de l’échouage soit liée à un accident de navigation dans un environnement difficile pour une espèce qui évolue habituellement dans des eaux plus profondes.

Le Globicéphale noir Globicephala melas

C’est une espèce qui fréquente de manière régulière les eaux françaises. Depuis 1990, 360 échouages ont été enregistrés dont 310 sur la façade Atlantique et 50 sur celle de la Manche.

Dans la Manche orientale, les échouages sont plus rares avec seulement 11 cas depuis 1990 dont 6 sur les plages du Nord – Pas-de-Calais. Les derniers échouages remontent à 1994 à Sangatte, et à 2000 à Bray-Dunes.

Les données d’observations en mer et d’échouages suggèrent que l’espèce fréquente bien la Manche et le Sud de la mer du Nord mais de manière irrégulière.

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L’échouage en masse

C’est est un phénomène beaucoup plus rare qui se définit comme l’échouage simultané de plusieurs cétacés vivants, deux ou plus et hors couple mère/jeune. Dans les cas enregistrés par le RNE, il s’agit le plus souvent de groupes de petits cétacés inférieurs à 10 individus comme par exemple, 3 Grands Cachalots échoués vivants dans les Landes en 2001. Exceptionnellement, on a compté 150 Dauphins communs échoués vivants sur les Côtes-d’Armor en 2003 et 96 Globicéphales noirs à l’ile d’Yeu en Vendée en 1963.

Les échouages en masse concernent généralement des espèces grégaires formant des unités sociales stables. Les causes de ces échouages sont multiples, elles peuvent être naturelles comme un accident lié à la topographie et à la marée, ou une pathologie (virale, bactérienne ou parasitaire) touchant un des individus leader entrainant son groupe. Il s’agit des raisons les plus fréquentes dans ce type d’échouage. La cause peut être également d’origine anthropique, comme une activité humaine ponctuellement bruyante pouvant générer un état de stress et de fuite vers la côte ou des dommages irréversibles à leur oreille interne, provoquant des troubles de l’orientation. Un lien éventuel avec la pollution due au naufrage du Flinterstar a été rapidement écarté.

 

En savoir plus sur cette espèce

  •  sur le site DORIS (Données d’Observations pour la Reconnaissance et l’Identification de la faune et de la flore Subaquatiques) ;
  •  sur le portail participatif Phoques et Cétacés de la Côte d’Opale de la CMNF.

 

2016-11-17T09:09:04+00:00
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