Le principe de la chasse adaptative est d’ajuster le quota d’individus à tuer d’une espèce classée gibier à sa capacité à garder sa population en bon état de conservation : effectifs stables ou en augmentation, absence de menace sur ses habitats de reproduction et d’hivernage, aire de répartition constante…

Or, en France, ce principe est totalement dévoyé, car il sert au contraire à pouvoir continuer de chasser des espèces en mauvais état de conservation, voire celles déclarées en danger dans les listes rouges nationale et/ou européenne. C’est ce que propose le ministère dans le décret mis en consultation pour continuer de chasser en 2020 le Courlis cendré, la Barge à queue noire, la Tourterelle des bois et le Grand Tétras.
Or, ces espèces (sauf le Grand Tétras) avaient fait l’objet d’un avis des experts indépendants du comité gestion adaptative qui recommandaient l’arrêt de la chasse pour la Tourterelle des bois, le Courlis cendré et la Barge à queue noire (la France est le seul pays où ces 2 dernières espèces sont encore chassées). Il est incompréhensible que la barge interdite de chasse en 2019 soit retenue comme espèce gibier en 2020. Il en est de même du courlis dont le Conseil d’État a suspendu la chasse et qui doit rendre son avis pour la tourterelle.

Quant au Grand Tétras, ses populations nicheuses sont en déclin auquel s’ajoutent les modifications et la fragmentation de son habitat, les dérangements causés par les activités humaines, les pertes d’individus adultes et les changements climatiques globaux. Comment peut-il encore faire l’objet de quotas de chasse alors que 30 arrêtés préfectoraux d’autorisation ont été cassés ?

Si la chasse n’est pas la seule responsable du déclin des populations de ces espèces, il n’y a pas besoin d’avoir un doctorat en dynamique des populations pour comprendre que continuer ou pire reprendre la chasse de ces espèces ne peut qu’aggraver le mauvais état de conservation de leur population.

Pour toutes ces raisons, le GON déposera un avis négatif à la consultation publique qui se déroule jusqu’au 3 mars et demandera que ces 4 espèces soient inscrites dans la liste des espèces protégées.

> Donner votre avis à la consultation.

Voir aussi :
le point de vue de la LPO
le point de vue de la FNE