Tous les ans, au moment de la moisson, agriculteurs et naturalistes se trouvent confrontés au même problème. Que faire pour aider les espèces animales protégées par la loi qui vivent dans les champs (et notamment des poussins qui ne volent pas encore) et risquent de se faire hacher menu lors des travaux de la moisson ? Les busards font partie de ces espèces.

Contrairement aux autres rapaces qui nichent dans les falaises ou les arbres, les busards, qu’ils soient « cendrés » (des migrateurs qui reviennent d’Afrique fin Avril), « Saint-Martin », ou « des roseaux » font leur nid à même sol. La disparition de leur milieu naturel (steppes herbeuses et marécageuses) les a obligés à adopter les champs cultivés comme un milieu de substitution.
Les femelles pondent trois ou quatre œufs dans une simple cuvette couverte d’herbes sèches. La plupart des poussins naissent courant juin pour s’envoler courant juillet. De fait, ils sont très souvent incapables de s’envoler lors du passage des moissonneuses, et finissent broyés, souvent à l’insu des agriculteurs.
C’est pourquoi, partout en France, des actions sont menées par les associations de protection de la nature avec les agriculteurs pour la protection des busards.
Dans la région Nord – Pas-de-Calais, les bénévoles du GON et ceux d’autres associations interviennent pour repérer les couples nicheurs, localiser les nids et, si nécessaire, prendre les dispositions propres à la sauvegarde des nichées en accord et collaboration avec les exploitants.

En protégeant les busards, ce sont aussi les récoltes que l’on protège.

Ces rapaces sont en effet de grands destructeurs de campagnols. Un couple et leurs jeunes peuvent en consommer plus d’un millier chaque saison. Contrairement aux idées reçues, les trois quarts du régime alimentaire du Busard Saint-Martin, sont constitués de campagnols, bien qu’il ne dédaigne pas à l’occasion, les insectes, de jeunes lapins, des passereaux et des batraciens. Avec quelques 13 000 couples, la France héberge près de la moitié de la population européenne de Busards cendrés et Saint-Martin.
La région Nord – Pas-de-Calais compte quelques dizaines de couples. Un patrimoine qu’il serait dommage de laisser disparaître, si on veut que la plaine agricole reste synonyme de vie, conformément aux engagements internationaux de préservation de la biodiversité.

Busard cendré - Lambry Abancourt

Vous êtes agriculteur : que faire si vous trouvez un nid de busards ?

Si au cours de la moisson, un grand oiseau brun s’envole à quelques mètres devant la moissonneuse, cela signale à coup sûr la présence d’un nid de busard. Dans l’urgence et pour ne pas bloquer votre travail, vous pouvez :

  • après avoir enlevé les poussins du nid, passer la moissonneuse, la barre de coupe relevée, de façon à ne récolter que le grain, la paille restant sur pied, et replacer le nid avec les jeunes,
  • soit laisser un carré non moissonné de quelques mètres carrés autour du nid ;
  • ensuite, dans tous les cas, appeler dès que possible le GON (contact@gon.fr) au 03 20 53 26 50 ou au 06 98 98 88 68.

Une équipe de bénévoles pourra intervenir afin que la protection des busards ne perturbe pas votre travail. Un suivi de la nichée sera alors organisé et des réponses seront apportées à vos éventuelles questions.