La faune régionale a fait l’objet de nombreux projets d’études et de protection, souvent sous l’impulsion des structures associatives qui se sont créées depuis le seconde moitié du XXe siècle. Le Groupe ornithologique et naturaliste du Nord – Pas-de-Calais a joué, dans cette thématique, un rôle important depuis plus de 40 ans puis, d’autres structures sont venues compléter son action en terme de connaissance, de protection ou de gestion conservatoire, comme le Conservatoire des sites naturels du Nord – Pas-de-Calais (CSN). Néanmoins la faune demeure très menacée dans la région Nord – Pas-de-Calais, comme le montrent divers projets routiers, ferroviaires ou portuaires…

En 2009, des représentants du GON et du CSN se sont retrouvés pour tenter de dresser un constat sur la conservation de la faune dans la région Nord-Pas-de-Calais :

  • la faune reste très menacée ;
  • les projets, dans lesquels la conservation de la faune est prise en compte, sont de plus en plus nombreux : plans nationaux d’action, plans de restauration régionaux, schéma de trame verte et bleue, documents d’urbanismes, etc. ;
  • les nombreuses données récoltées, notamment au sein du GON, ne sont pas assez valorisées dans un objectif de conservation ;
  • aucune structure ne fédère les positions en terme de conservation de la faune ;
  • les actions de conservation sont encore trop peu nombreuses ;
  • les moyens sont dispersés, par exemple le GON dispose d’une armée de bénévoles compétents, dynamiques et motivés, mais n’a pas de compétence affichée en termes de gestion, et le CSN dispose d’une structure salariée spécialisée dans l’approche naturaliste et la gestion mais n’a pas de réseau d’observateurs.

La flore et les habitats disposent d’un outil comme le Centre régional de phytosociologie labellisé Conservatoire botanique national de Bailleul. Certes l’histoire de la connaissance, de la protection de la faune et le contexte sont différents mais le constat final de cette discussion fut :
« Et si la région se dotait d’un Conservatoire faunistique régional ? ».
Le chemin pour la création et l’efficience d’un tel outil sera long mais plus tôt l’expérience sera initiée, plus tôt l’outil sera efficace.

Ce groupe de travail s’est donc à nouveau réuni au cours de l’année pour jeter les bases d’un Conservatoire faunistique régional. Dans un premier temps les objectifs d’une telle structure ont été définis. Le but était de la positionner de telle sorte que les structures existantes deviennent synergiques.
Voici les objectifs retenus par le groupe de travail :

  • l’étude de la faune sauvage régionale et la valorisation des données naturaliste dans un but conservatoire ;
  • la conservation effective des espèces et des habitats par les moyens appropriés ;
  • la sensibilisation et l’accès à la connaissance pour tous les publics.

De ces objectifs de structures ont été retenus également des missions déclinées comme suit.

  • Contribuer à l’amélioration des connaissances faunistiques : cette mission doit se concevoir dans un objectif de conservation, la meilleure connaissance des dynamique des populations d’espèces menacées, mais également des peuplements d’espèces plus communes, intensifier les programmes existants au niveau national pour faire émerger des indices régionaux et contribuer au développement de la connaissance sur les groupes peu « populaires ».
  • Valoriser les données naturalistes faunistiques : en contribuant à l’émergence de projets de conservation comme la contribution aux politiques des plans nationaux ou régionaux mais également en développant des programmes spécifiques pour des espèces oubliées ou dont les enjeux dépassent le simple cadre administratif de nos territoires. Cette mission peut également s’entendre dans l’intensification de l’apport constant aux collectivités d’une expertise faunistique pour éviter que la conservation de la faune soit oubliée des projets d’aménagement du territoire que ce soit au niveau régional mais également au niveau local.
  • Développer l’information et la formation sur la faune régionale : en visant tous les publics des techniciens au grand public en tentant de faire émerger une culture commune sur la conservation de la faune régionale. Les actions sont déjà nombreuses (sorties guidées, revues, etc.) mais cet arsenal peut être compléter et ainsi toucher un public encore plus vaste.

Ensuite, il fallait également définir un cadre administratif et partenarial à cette structure dans le paysage des structures régionales oeuvrant principalement dans la conservation de la faune :

  • le Conservatoire faunistique régional aura un statut associatif loi 1901 ;
  • la volonté est de regrouper en son sein les structures régionales dont l’objet principal est la connaissance, l’étude ou la protection de la faune. Les fondateurs ne souhaitent pas créer une structure supplémentaire mais il s’agit de dynamiser le tissu associatif existant ;
  • le Conservatoire faunistique sera un lieu d’échange permanent pour permettre une synergie entre les structures, afin de multiplier les projets relatifs à la conservation de la faune et d’améliorer leur efficacité ;
  • il n’aura pas de moyens propres, les structures membres mutualiseront leur moyens spécifiques pour développer les projets du Conservatoire faunistique régional.

La gouvernance sera proposée aux structures régionales oeuvrant pour la connaissance, l’étude et la protection de la faune :

  • le GON et le CSN seront les deux membres fondateurs et il est proposé à la Coordination mammalogique du Nord de la France (CMNF) et à la Société entomologique du Nord de la France (SENF) de rejoindre les membres de droit,
  • d’autres associations et structures pourraient être ponctuellement associées aux actions engagées par le Conservatoire faunistique régional dans le cadre de leur domaine de compétence (géographique et thématique).

Les avantages d’un tel regroupement est de s’allier pour être plus fort sur la conservation, mais également de faire des économies d’échelle en mutualisant nos point forts mais également d’augmenter notre réactivité face à des questions ou évènements urgents. Cette mutualisation des connaissances, compétences et de moyens est une bien meilleure voie que la création ex-nihilo d’une nouvelle structure.

En ce mois de février, des statuts, travaillés en groupe de travail, ont été votés par les conseils d’administration des deux membres fondateurs (GON et CSN), une assemblée générale constituante est prévue dans le courant du mois de mars. Aujourd’hui, la CMNF a manifesté son souhait de nous rejoindre et la réaction de la SENF est attendue dans les jours qui viennent.

Nous ne manquerons pas de vous informer des suites de ce projet de premier Conservatoire faunistique régional, et nous espérons que vous participerez par l’intermédiaire des activités du GON aux actions de conservation qui y seront développées.