De quelle espèce s’agit-il ?

Cette étonnante espèce appartient bien au groupe des sauterelles, grillons et criquets…

La Taupe-Grillon, comme les jardiniers la surnomment, tire son nom de ces énormes pattes antérieures, qui lui servent, comme chez la taupe, à creuser ses galeries. Les entomologistes la nomment la Courtilière commune Gryllotalpa gryllotalpa (Linnaeus, 1758) mais elle n’a pourtant de “commune”, dans le Nord – Pas-de-Calais, que le nom. Elle n’avait pas été observée depuis 1961 et a été (re)découverte en 2008.

L’espèce est présente un peu partout en France, en Belgique, aux Pays-Bas… Dans le Nord et le Pas-de-Calais, elle a été signalée au siècle dernier en plusieurs endroits : Valenciennois (1961) et région lilloise (1950) notamment. Toutefois, les dernières mentions avérées (2008 ; 2015) ne font état de sa présence que sur le littoral, dans les marais et dunes de Berck et Merlimont. Très discrète, elle peut facilement passer inaperçue et elle est peut-être plus largement répandue.

Cette espèce est essentiellement crépusculaire et nocturne et ses habitudes fouisseuses ne facilitent pas sa découverte. Ses habitats sont assez variés, mais elles semblent avoir une prédilection pour les milieux présentant un certain degré d’humidité. Elle est ainsi présente sur les berges des fossés, dans les prairies humides… pour peu que quelques zones non végétalisées soient présentes ici-et-là et que le sol soit meuble. Elle a malheureusement mauvaise réputation auprès des jardiniers car elle peut fréquenter les potagers où elle y dégrade parfois certains légumes (ou plus exactement leurs racines) en creusant ses galeries à la recherche de sa nourriture composée de végétaux et surtout des larves d’insectes… Paradoxalement, comme ce sont des insectes considérés comme des ravageurs des légumes, elle devrait plutôt être considérée comme utile aux jardiniers !

 

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La Courtilière commune vit jusqu’à 2 ans, une exception chez les Orthoptères du Nord – Pas-de-Calais qui vivent moins d’un an. Le mâle stridule dès le mois de mai pour attirer une femelle qui pondra en juin. Elle hiberne sous forme de larve ou d’adulte.

Objectifs de l’enquête

L’aire de répartition de l’espèce est mal connue, cette enquête vise à collecter des observations pour en améliorer la connaissance et mieux évaluer sa rareté à l’échelle du Nord – Pas-de-Calais, puis à terme, évaluer les menaces qui pèsent sur l’espèce et ses habitats.

Où la chercher ?

Dans les zones humides, sur les bords de fossés, dans les prairies humides, les potagers (notamment ceux où le recours aux pesticides est banni ou limité)… de manière générale dans les sols meubles, légers et frais.

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Berge de fossé et mégaphorbiaie occupées par la Courtilière commune à Merlimont en 2015

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Berge de fossé occupée par la Courtilière commune à Merlimont en 2015

Quand la chercher ?

Essentiellement en mai, à la tombée de la nuit, particulièrement après une chaude journée…

Comment ?

Le moyen le plus simple de découvrir l’espèce est de repérer la stridulation que le mâle émet depuis sa galerie au printemps. Vous pouvez écouter son chant enregistré par © Olivier Pichard.

La découverte d’individus en phase terrestre est nettement plus aléatoire : il peut s’agir d’individus sortis de leur galerie (galerie inondée par exemple) ou encore en découvrant ses galeries.

Comment la reconnaître ?

Son chant est très semblable à celui des locustelles mais en plus grave. Pour les oreilles non averties, il est donc nécessaire de s’assurer que le son provient bien du sol et non de la végétation herbacée haute que fréquentent les locustelles. Certains pourraient aussi le confondre avec celui de l’Engoulevent d’Europe ou du Crapaud calamite.

Chant de la Locustelle tachetée (© Julien Rochefort à écouter sur xeno-canto)

Chant de la Locustelle luscinioïde (© Olivier Pichard à écouter ici)

Chant de l’Engoulevent d’Europe (© Olivier Pichard à écouter ici)

Chant du Crapaud calamite (© Thomas Cosson à écouter sur PoPP Breizh)

Comment transmettre vos données ?

Vous entrez vos observations dans SIRF (http://sirf.eu) : date, lieu d’observation – commune, lieu-dit, coordonnées, nombre d’individus.

Dans le champ « Mode de contact » : vous spécifiez soit « vu ou entendu » soit « enregistré au bat » (même si c’est avec un téléphone ou un enregistrement vidéo).

Dans le champ « Remarque » : vous indiquez le type d’habitat où l’espèce est observée : marais, prairie humide, berges de fossés, bord d’étang, jardins…

N’oubliez pas de joindre une photo si vous réussissez cet exploit en cliquant sur « Compléments » .

Important : n’oubliez pas de signaler dans SIRF (en cochant la case “nul”) que vous n’avez pas trouvé l’espèce dans un site que vous avez prospecté à cet effet.

Si vous ne parvenez pas à enregistrer l’animal, pas de panique, transmettez nous cette observation, elle ne sera pas validée dans un premier temps mais permettra d’aiguiller les recherches pour la valider par la suite.

Enregistrement de la stridulation

Vous pouvez enregistrer la stridulation de l’animal à partir d’un enregistreur de son et d’ultrasons (“bat detector” avec enregistreur par exemple). Néanmoins, si vous n’êtes pas équipés, votre smartphone ou votre appareil-photo peut être une solution : vous pouvez alors soit prendre une vidéo soit enregistrer le son individuellement. Une dizaine de secondes d’enregistrement permettra le plus souvent de pouvoir identifier l’espèce.

Quelques précautions à prendre lors de la prise de son : le vent est un ennemi, protéger vous du vent lors de la prise de son, évitez tout mouvement (posez l’appareil) et privilégier un emplacement haut pour limiter la perte de son par les hautes herbes…

A défaut d’utiliser SIRF qui est le moyen le plus simple et le plus efficace pour traiter vos observations, vous pouvez transmettre vos données en utilisant la fiche ci-dessous adressée à : centrale-orthopteres@gon.fr  en joignant une photo de l’animal ou en transmettant un enregistrement de son chant. Fiche à télécharger